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Grimpe sur rocher compact, facile…et mouillé !


Souvent quand l’automne arrive et qu’il pleut de pus en plus je me prends à rêver de pouvoir grimper sous la pluie. Après tout, les prises sont encore là, mains et pieds, il n’y a qu’à y croire… 

Et je mets le nez dehors, je touche un bout de caillou détrempé, réalisant immédiatement mon erreur : dans l’équation, il manque la friction.  Un nuage à l’horizon, et nous allons en salle. Il y fera chaud au moins.

Et si l’on changeait la donne, et si le caillou était toujours mouillé ? Aucune chance d’attendre de meilleurs conditions, c’est un crachin permanent qui efface tout espoir d’adhérence… 

Hum… parlerais-je d’Angleterre ???

Ça se pourrait, c’est vrai que le crachin y est quasi permanent. Mais ce petit « quasi » pousse les britanniques à attendre bien au chaud ces 100 petits beaux jours par ans, où enfin ils pourront grimper.



Non, là, mon crachin il y est, il y restera. C’est le crachin d’une cascade de 340m. Aucune chance que ça sèche… et pourtant, le caillou est là… Alors, plutôt que de s’en désoler, les japonais qui, on en à l’habitude maintenant, ont toujours fait les choses à leur façon, avec de bonnes idées qui se répandent dans le monde, ont eu l’idée du « Sawanobori ».

Des chaussons avec du feutre parce que ça adhère sur le rocher mouillé, des sacs étanches pour le pique nique, des baudriers et cordes comme pour grimper, tout le tintouin de Trad, parce qu’on ne va quand même pas sceller des broches dans une cascade, et parce que le Sawanobori c’est avant tout une question de nature et d’engagement, et c’est parti pour une journée de grimpe comme je n’en avais jamais rêvé : on remonte une cascade, comme les saumons en quête de la réincarnation !

Et comme être japonais c’est rechercher le geste parfait, il n’y a pas de règle, mais quand même une aspiration : grimper au plus près de la cascade. Le « top », c’est de grimper dedans ! Et là, on rajoute un accessoire : des lunettes de piscines. Parce que quand une cascade vous tombe dessus, dégoulinant dans votre combinaison par les moindres interstices, vous poussant de toutes ses forces vers le bas, lever la tête pour chercher la prochaine prise est déjà un bon combat ! Le prochain, ce sera de lever le pied contre le courant jusqu’à la prochaine prise de pied.

Allez, je vous le concède, pour cette fameuse cascade de 340 m, on ne s’en est pas tant approchés, de la cascade, du moins pas au pied de la chute. Parce que 3 tonnes par secondes qui vous tombent dessus, ça ne vous laisserait pas beaucoup de chances. Mais le crachin, ça, on en a gouté !

Allez, encore quelques jours de chaud dans le sud de la France… finalement, nous aussi, on pourrait aller le remonter, ce canyon !